Obésité et amaigrissement: polluants stockés par l’organisme

Notre organisme est soumis quotidiennement à un certain nombre de polluants : atmosphériques, alimentaires, etc. Chaque personne possède sa propre capacité à les éliminer. Cependant, certains polluants résistent au processus naturel de détoxication et sont alors stockés dans les tissus. Que deviennent les polluants organiques lors d’un amaigrissement ?

Chez l’homme, les cellules graisseuses peuvent capter et accumuler un grand nombre de polluants organiques, dits alors « persistants » ou « POPs » (Persistent Organic Pollutants).  Les polluants tels que les PCB ou les dioxines ont des effets variables sur la santé, avec des risques toxicologiques non négligeables pour les organes cibles (cœur, appareil digestif, cerveau,…).

Des travaux menés en milieu hospitalier sur des personnes obèses en cours d’amaigrissement ont montré une quantité de polluants 2 à 3 fois plus élevée que chez des personnes minces. Lors d’un amaigrissement drastique, comme celui induit par une chirurgie par exemple, l’analyse montre une augmentation des polluants dans la circulation sanguine. Cette libération de polluants est due à la réduction de la taille des adipocytes ou cellules de graisse (= vidange du réservoir aux « POPs »).

L’amaigrissement drastique modifie donc la répartition des polluants dans l’organisme, puis conduit, après quelques mois, à une diminution totale de certains d’entre eux. Alors qu’un amaigrissement doit entrainer une amélioration des fonctions hépatiques et cardiaques, l’analyse montre que les polluants tendent à retarder cette amélioration. En somme, plus les taux de polluants sanguins sont élevés, plus l’amélioration des fonctions hépatiques et cardiovasculaires est ralentie…

Cette étude, réalisée chez des patients obèses, montre l’intérêt croissant pour une meilleure protection vis-à-vis de la contamination par polluants persistants dans notre alimentation et dans l’environnement de manière générale. Cette étude montre que l’évacuation massive des « POPs » affecte significativement la santé des organes comme le foie et le cœur.

Il conviendrait également, chez les plus obèses, de choisir un amaigrissement « progressif » et sous contrôle médical, pour éviter l’invasion des polluants ou en améliorer l’évacuation sans impact négatif sur la santé.

Il reste aux équipes de scientifiques de nombreuses pistes de travail pour connaître l’impact des «POPs » sur la santé, tant chez  les personnes obèses comme chez les plus minces… L’espoir est d’arriver à trouver des solutions tant en amont comme en aval.

 

Source : Environmental Health Perspectives : décembre 2010

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